• Retour sur ma façon de travailler..

    Après la mue, le nettoyage de peau pour préparer l'été !

    Ma pédagogie.... porte mon nom et ne va qu'aux élèves de ma classe de l'année!

    Non, cette chronique ne vire pas aux Unes de magazines féminins sur la beauté et la cosmétique !

    Mais disons, que ces discussions des précédentes semaines m'ont emmenée à reconsidérer clairement la fonction de ce blog.

    Alors je vais tenter d'être claire, de formuler plus précisément ma façon de travailler... Après tout, rien d'autre que de l'honnêteté intellectuelle...

    J'ai commencé dans ce métier, avec beaucoup de candeur et de naïveté. Je ne connaissais pas très bien le public scolaire et je vivais dans l'espoir d'une carrière tranquille, épanouie au contact d'enfants charmants prêts à travailler et grandir en ma compagnie.

    C'est lors de ma première inspection que mon IEN a pris le temps de m'expliquer que ma façon de travailler ressemblait à celle d'autres courants pédagogiques. Elle m'a encouragée à justifier l'usage de certains matériels didactiques, développer des démarches que j'avais retenues etc... Elle a noté une "marque personnelle du travail" que je n'aurai de cesse d'approfondir au fil des ans.

    J'ai ainsi reconnu certains éléments de ma pratique, qui étaient alors intuitifs, dans divers courants pédagogiques. Mais, refusant toute étiquette (autre que syndicale à ce moment là), j'ai continué à explorer, clarifier, creuser des voies variées suscueptibles de répondre à mes besoins de terrain. (ou plutôt, aux besoins de mes élèves).

    J'ai dû, au gré des mouvements et des cartes scolaires, changer souvent de mission, de niveau et d'école, ce qui m'a valu beaucoup d'occasions et de matière pour évaluer la pertinence de bon nombre de dispositifs auxquels je croyais.

    Aujourd'hui, je peux tranquillement dire que je fais de la pédagogie Gomez-Gauthié... puisque je me suis appropriée des dispositifs...

    Je m'appuie bien sûr sur les programmes, et donc, il m'importe avant toute chose de donner à chaque élève la juste portion de chacune des matières qu'il m'est donné d'enseigner. Cette polyvalence est un challenge, certes, mais auquel je tiens beaucoup ! Il me permet de mettre du SENS dans tous les apprentissages réalisés et entretient la motivation de mon groupe. Je n'ai pas de dada particulier, et bien souvent, ce sont les centres d'intérêt des élèves qui me guident dans le montage de projets pédagogiques. Mon objectif étant de caser la proportion attendue de chaque enseignement prévu.

    J'aime travailler dans de bonnes conditions et  je ressens très vite le besoin de poser un contrat didactique clair avec mes élèves. Je mets donc en place très vite les règles de fonctionnement de ma classe, en lien avec les attendus de tout citoyen: ce sont les lois. Ensuite, nous discutons des règles de vie, dans l'intérêt du groupe sur le temps scolaire et péri scolaire si besoin. Ici, les maîtres mots de la pédagogie institutionnelle m'ont bien aidée à structurer ces moments. Il en est de même pour la gestion des temps collectifs.

    Mes classes alternent en effet des temps individuels de progression (à la manière de la PMEV ou de PIDAPI en cycle 3) et des temps de travail collectifs (pédagogie de projet). Mais je ne réussis pas à installer chaque année ou trimestre des plans de travail. Parfois le groupe n'est pas prêt à travailler ainsi. Ce n'est pas moi qui impose, mais qui m'adapte aux besoins de chacun et du groupe.

    Je dégage du temps pour travailler en aide personnalisée sur le temps de classe, par tranches d'environ 20 minutes... quand le groupe est assez autonome pour fonctionner ainsi !

    Rien n'est idéal, il y a souvent des ratés, des bonnes et des mauvaises journées... Je tâche de m'adapter au mieux.

    Les invariants de ma façon de travailler sont:

    - enseigner de tout, en tout lieu, souvent hors de la classe lorsque c'est possible.

    -miser sur le SENS de tout apprentissage et la compréhension pour l'élève que ce qu'il apprend va lui servir (surtout lorsqu'il s'entraine, apprend par coeur, est au coeur du labeur ou que la marche est haute!).

    -enseigner le plus possible qu'on apprend en apprenant et donc qu'il importe de mettre de soi dans tout apprentissage... sinon, cela ne rentre pas tout seul! L'acte éducatif n'est pas passif ! Etre honnête et dire quand je ne sais pas...

    -impliquer non seulement l'élève mais aussi l'enfant avec toute sa richesse, et lui laisser un espace de parole, un espace contributif pour apporter au groupe en tant que personne..partager ce qu'il sait déjà, qui fait de lui un être grandissant.

    -utiliser beaucoup d'outils plutôt qu'un seul... pas un même manuel pour toute la classe.. Mais choisir plutôt de piocher vers tous les outils qui correspondent à ma vision de l'école et qui collent le mieux au besoin de mes élèves.

    + une bonne dose d'humilité (savoir appeler à l'aide en cas de besoin aux partenaires de l'école), une remise en question régulière de ses modalités de travail, une bonne hygiène de vie et un super sourire collé sur la trombine pour chasser les nuages!

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Mai 2013 à 17:56

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    2
    Lundi 13 Mai 2013 à 18:10

    Comme chaque fois, j'adore lire tes pensées, tes idées... Je dirais que cette pédagogie ressemble fort à la pédagogie Charlier... et celle-là, je fais tout pour l'affiner, l'améliorer, l'adapter à ma classe du moment...

    3
    Lundi 13 Mai 2013 à 18:56

    Chouette! Dis maitresse, y a un jour où on n'a plus l'impression de faire le brouillon de l'année suivante? 

    Au plaisir de te lire!

    4
    gentiane Profil de gentiane
    Mercredi 15 Mai 2013 à 18:05

    C'est bien sympa de nous expliquer comment tu fonctionnes. Pour tout dire ça rassure. 

    Julie, tu peux si tu veux refaire chaque année la même chose sans rien changer...Mais je ne crois pas que tu fonctionnes comme ça alors, tu n'a pas fini de faire er de refaire des "brouillons " de l'année suivante... 

    Au plaisir d'échanger encore avec vous!

    5
    _Kyra_ Profil de _Kyra_
    Mardi 6 Août 2013 à 00:05

    Bonsoir Carole, cela faisait longtemps que je n'étais pas passée te voir. J'ai lu ton billet et je me retrouve dans tout ce que tu dis. J'ai moins d'expérience que toi  mais c'est vrai, aucune année ne se ressemble. On fait tout: tenter, se planter, expérimenter, grandir de nos erreurs, tatonner... Au service de notre classe et de la réceptivité des loustics qui sont face à nous, rien n'est jamais pareil. Quant à s'inscrire dans une mouvance pédagogique, plus j'observe ce que je fais et ce que mes collègues pratiquent, mois les limites de "courants" sont nettes. On fait... ce qu'on fait, avec ce que l'on est et ce que la classe nécessite au moment "m". Comme me l'a dit mon inspecteur l'année dernière: "Ne vous affichez pas avec une étiquette. Ne dites pas que vous faites de la PMEV, du PIDAPI ou de FREINET. Expliquez quel fonctionnement vous mettez en place et pourquoi. Si vous etes au clair sur pourquoi vous avez fait tel choix et ce que vous en attendez, on ne pourra rien vous reprocher. Et surtout, vous ne vous mettrez pas en position de difficulté face à des inspecteurs hermétiques aux pédagogies dites "coopératives"".

    On a pas fini de se décarcasser...  

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