•  La twictée avec des élèves de cycle 2, quel intérêt?

    Je souhaite ici anticiper des critiques et rappeler un peu le contexte dans lequel les enseignants de cycle 2 expérimentent l'outil twictée dans l'enseignement de la langue. 

    Il semble admis que les élèves de cycle 3 profitent des twoutils et des twictées. Mais j'entends ça et là une discussion au sujet des twictées pour les CP et CE1. "Quel intérêt pour les élèves d'utiliser la balise #accord SV, alors qu'ils ne savent pas encore identifier un verbe ni un sujet? "  


    N'est-ce pas trop tôt ? 

    C'est là tout l'enjeu et le postulat des maîtres qui utilisent ces Twictées. Au fil des étapes, la twictée devient une phrase modèle, un objet linguistique à part entière. Chacun des élèves tente de sortir de sa ZPD (zone proximale de développement) pour s'approprier l'écriture des mots.       
    Puis dans une seconde étape, par la coopération, les enfants négocient l'orthographe.
    Ensuite, ils sont confrontés à la norme.
    Pendant l'écriture des twoutils, ils
    s'approprient cette norme en s'efforçant de l'appliquer à chacun des mots. Mais il est particulièrement difficile de conceptualiser un point grammatical à ce stade. En fait, il s'agit d'un jeu, à tâtons... Et là, il est vraiment intéressant pour l'enseignant de voir le concept éclore chez chacun des élèves, chacun à son rythme...  

    Lorsqu'une notion est acquise en grammaire, elle est souvent une évidence (mais oui, bien sûr que c'est le verbe !) .. Mais pour qu'elle soit aussi naturelle, il faut passer par quelques mois, quelques années d'inconfort... Ce n'est pas en montrant comment nager qu'on apprend à flotter... De même, il ne s'agit pas de définir un verbe pour que l'apprenant le trouve. Le verbe ne s'accorde pas avec le mot qui est le plus proche de lui, ou placé juste avant. Ces représentations sont à faire verbaliser pour mieux les détruire.
    En groupe, ces obstacles à l'apprentissage émergent pendant la phase de twoutils. Les nier favoriserait leur installation. En leur permettant de les exprimer, de les confronter à d'autres exemples, les élèves apprennent à les dépasser. A 6-7-8 ans, l'élève stabilise à peine sa conscience phonologique. Il vient d'apprendre à déchiffrer les mots. Il a besoin de retrouver du plaisir à manier la langue.
    Avec la twictée, l'orthographe redevient un jeu... un défi ! Les enfants jouent avec les mots, mobilisent tout leur savoir pour construire des règles. C'est le moment du plein tâtonnement expérimental: les stratégies individuelles se confrontent, favorisent un retour réflexif. Je vois mes élèves accéder à un niveau d'analyse qui s'enrichit progressivement.
    Ils s'appuient d'une part sur les phrases modèles, d'autre part sur les balises de twoutils précédemment utilisées pour accéder au concept grammatical.
    Par cet entrainement, j'espère vraiment leur apprendre à construire la langue au lieu de la subir.

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